Il n’y a pas un km² d’océan aujourd’hui qui ne contient pas 10 ou 15 morceaux de plastique. En d’autres termes, cinq poissons se partagent deux morceaux de plastique pour le déjeuner. Heureusement, une solution miracle a peut-être été trouvée pour arrêter ce massacre. Le Manta est sur la bonne voie pour redonner vie aux océans.

Depuis 1950, nous avons produit plus de 8 milliards de tonnes de plastique. Seulement une petite moitié a été recyclée. Le reste a été stocké ou a disparu dans la nature.

Tous les ans, il y a environ huit millions de tonnes de plastique qui sont déversées dans les océans. Alors en attendant que les efforts de prévention portent leur fruit, il faut agir en amont. Avant que ce plastique arrive en mer, se dégrade, et serve à nourrir les espèces maritimes.

 

Le Manta est peut-être la solution pour changer la donne.

Autonome énergétiquement à 75%, ce navire de 70 mètres de long, 49 mètres de large peut nettoyer efficacement les océans.

Comment ?

A faible vitesse (3 nœuds) le bateau récolte les déchets et avance avec des moteurs électriques alimentés par des panneaux solaires et des éoliennes. Une fois chargé pour ramener les déchets plastiques à terre, le Manta passe en vitesse de croisière (9-10 nœuds) grâce à ses quatre grands mats.

Afin de capturer les gros déchets dans la mer, une grue a été installée pour remonter à bord les filets. Ils sont ensuite stockés dans des containers.

Pour les plus petits déchets, ils seront naturellement piégés entre les coques du bateau avant de finir leur nage sur des tapis roulant qui les feront remonter à bord. Une équipe d’opérateur intervient ensuite pour trier les déchets et les matières organiques.

Rassurez-vous, les poissons seront remis à l’eau et sont moins friands que nous du tapis rouge.

 

Les déchets plastiques sont quant à eux compactés dans des balles d’un mètre cube. Le Manta peut en contenir 600, soit l’équivalent de 250 tonnes de plastique avant de les ramener à terre pour être recyclés.

 

The Sea Cleaners a pensé à tout !

Pour augmenter l’autonomie du bateau, le Manta sera équipé d’une pyrolyse et d’un incinérateur qui génèreront du carburant à partir des plastiques non recyclables.

Entouré d’experts, c’est Yvan BOURGNON, le navigateur aventurier franco-suisse, qui est à l’origine de ce merveilleux navire. Après avoir étudié la faisabilité de ce projet, il a dévoilé la maquette du Manta le mois dernier. Il devrait être opérationnel d’ici 2022.

Il faut tout de même compter 25 millions d’euros pour concevoir ce bateau révolutionnaire.

On investit des milliards dans la marine militaire, alors pourquoi ne pas investir dans 100 Mantas pour nettoyer efficacement les océans. Après si les politiques préfèrent manger du poisson au plastique, qu’ils se les gardent pour eux.

Notons que si le rythme actuel persiste, il y aura plus de 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans nos décharges ou dans la nature d’ici 2050. Soit l’équivalent de 35.000 fois la masse de l’Empire State Building de New York, prédisent les auteurs de l’étude paru dans Science Advances.

 

« Ensemble, on peut construire une histoire autour d’une action pour sauver les océans » – The Sea Cleaners

 

Sources photos : The Sea Cleaner / Pinterest / Unsplash

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